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Garde barrières Romaneche Thorins

… » Penchée sur un livre, perchée sur ces années de garde-barrière qui s’achèveront après-demain. Des milliers de sonneries, de convois avalant le son et l’horizon dans un mugissement, quadrillant une vie chorégraphiée d’horaires et de gestes. Une chanson qui s’éteint. Ce jour de juillet 1997, fin de chapitre, le monde avait la tête ailleurs, mais Bernardo Narea était là, dans cette petite baraque de Romanèche-Thorins,

« pour rappeler la mémoire ». Conscient de la « valeur historique » de l’instant intime, il en a fait un tableau. Comme dans son Chili natal, l’artiste a gardé le goût des gares, où il vient travailler ses perspectives et sûrement aussi se nourrir de la drama­turgie des arrivées et départs, de ces lignes de fuite ou de retour. Ce n’est pourtant pas là que Bernardo Narea est arrivé en France. Mais un peu plus au sud, à Lyon, en 1986. Le diplômé d’une école de décoration intérieure vient d’user cinq ans dans des bureaux, à attendre la fin de la crise du bâtiment dans un pays sous la botte de Pinochet :« Je voulais m’aé­rer du Chili, avoir un regard à l’extérieur. »…

Texte : Sébastien Chabard Photos : Jean-Luc Petit (Revue: Bourgogne Magazine)

 

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